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Samuel AMEZ-MEL

Musée de  la Bataille de Fromelles

La nuit du 19 au 20 juillet 1916. En moins de vingt-quatre heures, près de 5 500 soldats australiens et britanniques tombèrent dans les champs de Fromelles.

Un musée, des fouilles archéologiques uniques au monde, et une mémoire enfin rendue à des milliers de familles.

19-20 juillet 1916 :  la nuit que le village n'a jamais oubliée

Tout part d’une décision prise le 9 juillet 1916 au quartier général britannique. La bataille de la Somme tourne au désastre, mais les généraux restent persuadés qu’une retraite allemande est imminente. Pour accélérer l’effondrement ennemi, ils décident de frapper plus au nord, à Fromelles, déjà théâtre d’un grave échec en mai 1915.

Deux divisions récemment engagées sur ce secteur sont envoyées à l’assaut face à des positions allemandes solidement défendues par une unité bavaroise expérimentée, déjà implantée sur ce terrain. Le bombardement préparatoire de onze heures est mal réalisé. Les défenses allemandes sont intactes quand l’infanterie s’élance.

Les quatre vagues d’assaut sont fauchées l’une après l’autre dans un no man’s land qui dépasse par endroits trois cents mètres. Pour les Australiens, c’est le premier engagement sur le front occidental. En vingt-quatre heures, ils perdent 5 533 hommes. Les Britanniques, 1 400. Sur les 887 hommes du 60e bataillon australien, 107 seulement survivent. Aucun objectif n’est atteint.

 

Musée  de la Bataille de Fromelles

Ouvert en 2014, le Musée de la Bataille de Fromelles ne ressemble pas à un musée ordinaire. Son architecture d’abord : un bâtiment bas, enfoui dans la terre, au toit végétalisé, qui semble se faire discret face à l’église Saint-Jean-Baptiste et au paysage agricole environnant. Un choix délibéré. Le musée ne veut pas s’imposer au paysage. Il s’y inscrit, comme une cicatrice à peine visible.

À l’intérieur, les collections permanentes restituent la bataille heure par heure, à travers des objets authentiques, des témoignages, des cartes d’époque et les résultats des fouilles archéologiques conduites à partir de 2008. On y apprend comment s’organise une attaque sous les obus, ce que signifie tenir une tranchée à quelques dizaines de mètres de l’ennemi, et ce que coûte, en vies humaines, une décision prise à des kilomètres du front.

Le musée est labellisé :

  • Musée de France
  • Qualité Tourisme, gage d’un accueil et de services contrôlés par l’État.
  • Accueil vélo
  • Destination Innovante et Durable

Circuits mémoriels :  cinq itinéraires à pied ou à vélo

Parce que l’histoire se découvre aussi en parcourant les paysages où elle s’est écrite, plusieurs circuits vous invitent à prolonger votre visite du musée. À pied ou à vélo, partez sur les traces des soldats, traversez les plaines des Weppes, faites halte devant les mémoriaux et laissez le territoire raconter, à son rythme, les événements de l’été 1916.

  • Le « chemin duFront Ouest » est un itinéraire de randonnée longue distance de plus de 1 000 km qui suit l’ancienne ligne du front de 14-18, des Alpes suisses jusqu’à la côte belge. Sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille, elle traverse notamment les Weppes et l’Armentiérois où les nombreux sites mémoriaux témoignent de cette page marquante de l’histoire.
  • Le réseau « Points-Nœuds des Weppes » vous emmène à vélo à travers la campagne flamande, entre patrimoine rural, villages et sites de mémoire.
  • Le circuit « La Bataille de Fromelles » vous guide à pied au cœur des lieux emblématiques des combats du 19 juillet 1916, du musée aux principaux mémoriaux.
  • Le parcours « From Nursery to Battlefield » suit les traces des soldats entre Armentières et Fromelles, à travers un territoire profondément marqué par la Première Guerre mondiale.
  • Le circuit « 14-18, un conflit mondial » propose une immersion dans les grands sites de mémoire du Nord et du Pas-de-Calais, pour mieux comprendre l’ampleur du conflit sur le territoire.


Terre de mémoire  Poursuivre l'expérience ...

Fromelles n’est pas un lieu isolé. Il s’inscrit dans un territoire de mémoire qui s’étend de Bouvines à Bondues, de la citadelle de Vauban aux forts Séré de Rivière, sur huit siècles d’histoire militaire.