©Max Lerouge / MEL

Que faire à Armentières ? Nos idées pour voir la ville autrement

Entrez dans la cité de la Toile : un Armentières où le patrimoine industriel côtoie les reflets de la Lys, où les souvenirs de la Grande Guerre se mêlent à la douceur d’un lac, et où chaque brique raconte une histoire. Une invitation à explorer un territoire authentique, fier de ses racines et résolument vivant.

Le Beffroi d’Armentières  67 mètres d’histoire et de carillon

Dominant la Grand’Place avec une élégance rare, le Beffroi d’Armentières n’est pas seulement un monument de briques et de pierres : c’est le symbole d’une ville qui a su renaître de ses cendres. Classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, il est le témoin privilégié de l’épopée textile et de la résilience flamande.

Un phénix de briques rouges
Contrairement à ses cousins médiévaux, le beffroi actuel est un chef-d’œuvre de la Reconstruction. Après avoir été totalement détruit durant la Grande Guerre, il a été rebâti dans les années 1920 par l’architecte Louis-Marie Cordonnier.

  • Le style : Un mélange fascinant de néo-flamand et d’Art Déco.
  • Le détail à repérer :  les motifs de fleurs de lys qui rappellent l’attachement de la cité à sa rivière sur le carrelage intérieur ainsi qu’un phénix.

Une ascension vers les sommets

Pour les plus courageux, l’ascension des marches offre la plus belle récompense de la région !

  • Le Panorama : Une fois au sommet, la vue s’ouvre à 360°. Par temps clair, vous distinguerez les Monts de Flandre (Mont Cassel, Mont Noir), les terrils du bassin minier et les tours de Lille.
  • L’œil du guetteur : Imaginez l’époque où un guetteur scrutait l’horizon pour prévenir des incendies ou de l’arrivée des troupes ennemies.

La voix de la cité : Le Carillon 

Le cœur du beffroi bat au rythme de ses 11 cloches. Véritable instrument de musique à ciel ouvert, le carillon d’Armentières est l’un des plus mélodieux du Nord.

  • Les airs locaux : Ne soyez pas surpris d’entendre l’air de « La Madelon »  (chanson de soldas pendant la Première Guerre Mondiale) résonner au-dessus de vos têtes.

Le saviez-vous ?Le beffroi est indissociable de l’Hôtel de Ville attenant. À eux deux, ils forment un ensemble architectural monumental qui servait à la fois de centre administratif et de coffre-fort pour les « libertés communales » (les droits de la ville).

Les incontournables  pour visiter Armentières

Le REX : Bien plus qu’un ancien cinéma
Située près de la gare, cette friche culturelle est un des cœurs battants de la ville.  C’est ici que l’Office de Tourisme Métropolitain vous accueille et que l’histoire locale prend vie à travers un musée moderne et ludique.

Le Balcon : Un espace dédié aux expositions temporaires et artistiques.

L’Église Saint-Vaast : La cathédrale de la Lys
Souvent confondue avec une cathédrale à cause de ses dimensions impressionnantes, c’est un incontournable du paysage armentiérois.

Pourquoi y aller : Pour son architecture néo-gothique majestueuse (encore une œuvre de l’omniprésent Louis-Marie Cordonnier) et ses vitraux qui baignent la nef d’une lumière particulière.

L’anecdote : Cette église fut réquisitionnée et transformée au moment de la Révolution Française en grange à foin.

L'empreinte Cordonnier :  Armentières comme œuvre totale

Louis-Marie Cordonnier ne s’est pas contenté de bâtir des monuments : il a littéralement redessiné le centre-ville. Armentières est sans doute l’exemple le plus abouti de sa vision urbanistique, où chaque place, chaque monument et chaque perspective se répondent.

Cordonnier a conçu un véritable parcours monumental qui structure encore aujourd’hui la ville. Son génie a été de lier les bâtiments entre eux par le vide des places :

  • Le duo Grand’Place et Place Saint-Vaast : Il a orchestré la reconstruction de ces deux espaces majeurs, créant un dialogue entre le pouvoir civil (l’Hôtel de Ville) et le pouvoir spirituel (l’Église Saint-Vaast).
  • Le Beffroi et l’Hôtel de Ville : Son navire amiral, classé à l’UNESCO, qui redonne à la ville sa silhouette historique.L’Église Saint-Vaast : Une reconstruction colossale qui domine la Lys et la cité.
  • Le Monument aux Morts : Intégré avec solennité dans l’espace public, il témoigne de la douleur et de la fierté de la ville martyre.

Le saviez-vous ?Le monument aux morts a failli être explosé par les allemands lors de la 2nde Guerre mondiale tout simplement parceque le poilu écrasait l’aigle allemand de son pied pour symboliser la défaite de l’ennemi

  • Des Halles au Vivat : La culture au cœur de la brique
    C’est aussi à lui que l’on doit les Halles, situées juste derrière l’Hôtel de Ville. Ce bâtiment, qui servait autrefois au commerce, est devenu aujourd’hui Le Vivat, une scène conventionnée d’intérêt national. C’est l’exemple parfait de la reconversion réussie : une architecture de briques et de métal pensée par Cordonnier qui continue de vibrer au rythme de la création contemporaine.

Les Prés du Hem : 120 hectares d’aventure et de biodiversité

Véritable mer intérieure aux portes de la ville, les Prés du Hem ne sont pas qu’un simple parc de loisirs. C’est un écosystème unique où les sports nautiques, les découvertes ludiques et la préservation de la nature cohabitent en parfaite harmonie.

Un lac né de la main de l’homme

L’histoire des Prés du Hem est fascinante : ce vaste plan d’eau n’existait pas il y a 50 ans.

  • La genèse : Créé dans les années 70 pour servir de réserve d’eau potable à la métropole lilloise, le site s’est rapidement métamorphosé en un espace de liberté.
  • Le poumon bleu : Avec ses 45 hectares de lac, c’est aujourd’hui l’un des plus grands sites naturels aménagés du Nord, offrant un dépaysement total à seulement quelques minutes du centre-ville d’Armentières.

Un terrain de jeu grandeur nature

Le site est célèbre pour ses activités qui sortent de l’ordinaire, pensées pour déconnecter du quotidien.

  • L’appel du large : Son école de voile est une référence. Que vous soyez adepte du catamaran, du dériveur ou du paddle, le lac offre un plan d’eau sécurisé et venteux juste ce qu’il faut.
  • L’expérience sensorielle : Le célèbre « parcours pieds nus » est l’activité signature du parc. Sur près d’un kilomètre, redécouvrez des sensations oubliées en marchant sur le sable, le bois, la pierre ou l’argile.
  • Le voyage en petit train : Pour faire le tour du propriétaire sans se fatiguer, le petit train sillonne les berges et permet d’admirer toute l’étendue du domaine.

Un sanctuaire pour la faune et la flore

Au-delà des jeux, les Prés du Hem sont un maillon essentiel de la trame verte régionale.

  • Le paradis des oiseaux : Les zones de marais et les roselières abritent des dizaines d’espèces d’oiseaux migrateurs. Des observatoires permettent de les admirer sans les déranger.
  • Le Vanupied : Le marais du Vanupied, intégré au site, est une zone naturelle protégée où la flore locale s’épanouit librement, offrant un contraste saisissant avec l’effervescence de la base de loisirs.

Comment en profiter ?

En famille : Prévoyez la journée entière ! Entre les aires de jeux, les animations saisonnières et les zones de pique-nique, les heures filent sans que l’on s’en aperçoive.

Le conseil « Rex Tourisme » : Le parc vit au rythme des saisons. Si l’été est idéal pour la baignade surveillée et la voile, l’automne et le printemps sont les meilleurs moments pour l’observation ornithologique et les balades tranquilles en bord de marais.

Accès : Situé à l’entrée de la ville (rue des résistants), le site dispose d’un vaste parking et reste accessible à pied depuis le centre pour les bons marcheurs.

 

La Lys : Le fil d’argent de la Cité de la Toile

Longtemps surnommée la « Rivière d’Or », la Lys est bien plus qu’un cours d’eau pour Armentières : c’est son artère vitale, sa raison d’être et aujourd’hui son plus bel espace de décompression.

Une rivière qui a fait la fortune de la ville

Si Armentières est devenue la « Cité de la Toile« , elle le doit aux propriétés chimiques exceptionnelles de l’eau de la Lys.

  • L’Or Blanc: Autrefois, on y faisait rouir le lin. Les eaux de la Lys, peu calcaires et riches en micro-organismes, étaient idéales pour séparer la fibre de la tige. Cette industrie a transformé la modeste bourgade en une puissance industrielle mondiale.
  • Le transport : Jusqu’au milieu du XXe siècle, la rivière bouillonnait d’activité. Les péniches chargées de charbon, de lin et de produits finis se croisaient sur ses flots, reliant Armentières aux grands ports de la Mer du Nord.

Un parcours entre ville et grand air

Aujourd’hui, la Lys a retrouvé son calme et sa clarté. Elle offre un itinéraire de promenade privilégié qui permet de comprendre la double identité d’Armentières.

  • Côté Ville : En longeant les quais, on admire les vestiges de l’époque industrielle, comme les anciennes filatures dont les briques rouges se reflètent dans l’eau. C’est ici que l’on ressent l’énergie de la Reconstruction.
  • Côté Nature : En s’éloignant vers l’amont ou l’aval, le paysage change radicalement. Les chemins de halage, désormais aménagés pour les randonneurs et les cyclistes, serpentent à travers les plaines alluviales. C’est le domaine des hérons cendrés, des saules têtards et des plaisanciers qui naviguent doucement.

Le saviez-vous ? Une rivière transfrontalière
La Lys ne s’arrête pas aux frontières. Elle prend sa source à Lisbourg (Pas-de-Calais) pour aller se jeter dans l’Escaut, à Gand en Belgique. À Armentières, vous êtes sur une section stratégique de la « Lys de l’amont », là où la rivière commence à prendre de l’ampleur.

Comment en profiter aujourd’hui ?

  • La rando au fil de l’eau : Le chemin de halage est entièrement sécurisé. Que vous soyez marcheur ou cycliste (avec votre propre vélo), vous pouvez rejoindre les communes voisines (Houplines, Erquinghem-Lys) sans jamais quitter les berges.
  • La halte nautique : Armentières dispose d’un ponton pour accueillir les plaisanciers. C’est l’escale parfaite pour les navigateurs qui explorent la région par les voies d’eau.

Mémoire et Histoire :  les autres visages d'Armentières

Le « Château-Usine » Motte-Cordonnier : La résurrection

Armentières ne serait pas la même sans ses briques rouges. Symbole de la puissance industrielle d’avant-guerre, la brasserie Motte-Cordonnier est une véritable « cathédrale de l’industrie ».

  • L’histoire: Détruite en 1918, elle fut reconstruite tel un château avec son beffroi majestueux, témoignant de la résilience des habitants.
  • À faire : Une balade pour admirer son architecture néo-flamande, aujourd’hui en pleine métamorphose (éco-quartier et micro-brasserie). C’est le lien parfait entre le passé ouvrier et l’avenir de la ville.

Le Cimetière de la Cité Bonjean : Un monde en miniature

Pendant la Grande Guerre, Armentières était une « ville anglaise« . Le cimetière de la Cité Bonjean est l’un des lieux les plus émouvants du territoire.

La particularité: On y trouve des soldats venus des quatre coins de l’Empire (Australiens, Néo-Zélandais, Canadiens) et même un carré allemand. C’est un lieu de recueillement universel.

Le Chemin du Front Ouest (Western Front Way)

Pour ceux qui aiment l’histoire en mouvement, Armentières est le point de départ idéal d’un itinéraire mémoriel de 30 km.

  • Le concept: Suivre la ligne de front de 1914 en longeant la Lys. Des bornes et des panneaux explicatifs ponctuent le parcours, reliant Armentières aux sites de Fromelles ou d’Ypres.
  • Conseil : Idéal pour une sortie cyclo-tourisme mêlant paysages de plaine et souvenirs historiques.

Mais qui est (vraiment)  "Mademoiselle from Armentières" ?

C’est l’hymne que des millions de soldats britanniques et américains ont chanté sur tous les fronts. Mais derrière le refrain « Inky Pinky Parlay Voo » se cache une figure historique qui a fait d’Armentières une légende mondiale, bien avant que notre chère Line Renaud ne porte les couleurs du Nord.

Une icône de la Grande Guerre
Contrairement à une idée reçue, « Mademoiselle from Armentières » n’est pas une star de cabaret, mais le symbole de l’accueil et du courage des femmes du Nord pendant la Première Guerre mondiale.

  • La petite histoire : La chanson a été popularisée par les « Tommies » (soldats britanniques) cantonnés dans la ville. Elle raconte l’histoire d’une jeune fille, serveuse ou fille d’estaminet, qui gardait son sourire et sa dignité malgré les bombardements.
    Marie Lecoq : Bien que plusieurs noms circulent, la figure la plus souvent citée est celle de Marie Lekeux, serveuse au « Café de la Paix ». Elle est devenue, malgré elle, l’héroïne de cette ballade entêtante qui a fait le tour du monde, de Londres à New York.
    Une ville anglaise au cœur des Flandres
    Pendant quatre ans, Armentières a vécu à l’heure britannique. Les soldats venaient s’y reposer après les tranchées, créant une atmosphère unique de fraternité et de fête malgré la proximité du front.
  • Le souvenir : En fredonnant cet air, les soldats ne chantaient pas seulement une femme, ils chantaient une ville qui leur offrait un instant de répit, une bière et un peu d’humanité.
  • La statue : Ne manquez pas la statue de « Mademoiselle from Armentières » érigée à l’entrée du cimetière civil. Elle est le point de passage obligé pour une photo souvenir.

 Le saviez-vous ?
Si Line Renaud est l’ambassadrice moderne de la cité, elle a d’ailleurs souvent rendu hommage à cette « Mademoiselle » historique. Deux époques, deux voix, mais une même fierté armentiéroise !

Qui est Marie Lecocq ?
Qui est Marie Lecocq ?
La véritable Mademoiselle from Armentières

Que faire  autour d'Armentières ? Escapade au cœur de la "Douceur Flamande"

Le voyage ne s’arrête pas aux portes de la cité. Tout autour d’Armentières, le territoire « Douceur Flamande » dévoile ses pépites : des villages de caractère nichés dans les Weppes aux rives apaisantes de la Deûle. Une invitation à prolonger l’exploration entre patrimoine rural, mémoire et art de vivre.

Le Pays de Weppes : Entre mémoire et authenticité

Au sud d’Armentières, les Weppes forment un écrin de verdure où l’histoire a laissé des traces indélébiles.

  • Fromelles et son Musée de la Bataille : À seulement quelques minutes, découvrez ce site de renommée internationale dédié à la mémoire des soldats australiens et britanniques de 1916. Un lieu de recueillement d’une grande sérénité.
  • Flânerie dans les villages : Parcourez Aubers, Illies ou Le Maisnil. Ici, les églises reconstruites et les imposantes fermes au carré racontent la résilience de ce territoire agricole.
  • Pause gourmande : Les estaminets de Radinghem-en-Weppes, Le Maisnil ou Beaucamps-Ligny sont les escales idéales pour goûter aux produits locaux dans une ambiance « comme à la maison ».

Le Val de Deûle : La vie au fil de l’eau

À l’est, le paysage se transforme pour laisser place aux charmes fluviaux de la Deûle.

  • Wambrechies, la perle de la Deûle : Son port de plaisance, son château et sa célèbre distillerie en font une étape incontournable. C’est le lieu parfait pour une balade sur les quais.
  • Quesnoy-sur-Deûle et son patrimoine : Un village où il fait bon flâner le long des berges aménagées, véritables traits d’union entre nature et urbanité.
  • Marquette-lez-Lille : Admirez les Grands Moulins de Paris, un chef-d’œuvre d’architecture industrielle qui veille sur la rivière.

Nature et Mobilité Douce : Respirer en plein champ

Le territoire est un terrain de jeu idéal pour les amateurs de grand air.

  • Les boucles de randonnée : De Frelinghien à Hantay, de nombreux sentiers balisés vous permettent de découvrir la richesse de la faune et de la flore locale, entre saules têtards et plaines alluviales.
  • Échappée à Comines et Halluin : Remontez vers le nord de la zone pour découvrir des cités frontalières au patrimoine surprenant, comme l’église néo-byzantine Saint-Chrysole de Comines.
  • Pérenchies et ses traditions : Un arrêt s’impose pour découvrir l’histoire locale, notamment celle liée aux anciennes industries et aux géants.

Curiosités et pépites du territoire

  • Le Musée des Arts Forains à Saint-André-lez-Lille
    Oubliez le temps et entrez dans un univers de féerie et de nostalgie.
    Un voyage magique : Ce musée privé regorge de trésors : manèges anciens, orgues mécaniques, jeux de foire et objets d’époque restaurés avec soin.
    L’expérience : C’est un lieu vivant où l’on redécouvre l’ambiance des fêtes foraines d’autrefois. Idéal pour émerveiller les enfants (et les plus grands) dans un cadre industriel magnifiquement réhabilité.
  • La Fontaine Saint-Chrysole à Radinghem-en-Weppes
    Au cœur des Weppes, ce site mêle nature et spiritualité flamande.
    La légende : Saint Chrysole, fuyant ses persécuteurs, aurait vu sa tête tranchée. Là où elle tomba, une source jaillit. Aujourd’hui, on vient encore à cette fontaine pour ses vertus supposées sur les maux de tête et les maladies de peau.
    Le cadre : C’est un petit coin de paradis sauvage, parfait pour une halte au calme. La fontaine et sa chapelle sont de parfaits exemples du patrimoine vernaculaire que nous protégeons en Douceur Flamande.